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Acheter en TCO (Total Cost Ownership), preuve d’une démarche exemplaire en achats responsables ?

De prime abord, on serait plutôt tenté de croire que l’objectif premier affiché par les acheteurs est la recherche d’économies à tout prix…

Même si cette croyance se révèle être parfaitement vraie, il se pourrait bien que la tendance s’inverse et que la réduction des coûts n’occupe plus seule la première place qui lui était dévolue jusqu’à maintenant.

A l’aube du changement qui s’opère dans les modes de management, une étude du magazine Décision achats vient confirmer ces tendances pour 2018 : la réduction des coûts perd du terrain avec notamment une chute de 10 points par rapport à 2017 mais reste en tête d’affiche de la direction des achats pour plus de 72 % des personnes interrogées. D’après cette étude, la fonction achats semble enfin prendre la place qui doit être la sienne : un centre de création de valeur pour l’entreprise et non un centre de coûts !

Et c’est indéniablement en étant au cœur des démarches de développement durable que les acheteurs peuvent créer cette valeur ajoutée. Confrontés à des enjeux éthiques sans précédent, les achats travaillent d’un côté à sécuriser la supply chain et de l’autre à capter l’innovation que peuvent leur proposer leurs fournisseurs. A l’interface des besoins des clients et des solutions disponibles sur le marché, ils contribuent indéniablement à accélérer ces deux processus que sont la maîtrise des risques et l’innovation.

Savoir ce qu’ils achètent, à qui ils l’achètent et comment ils l’achètent est la base d’une démarche de développement durable. Et il est clair que le management de la relation « fournisseurs » est la clef d’entrée puissante pour faire avancer la démarche !

Respecter les délais de paiement, chouchouter son fournisseur, l’accompagner en cas de difficulté, organiser avec lui des sessions de co-développement pour détecter l’innovation sont autant de bonnes pratiques qui favorisent la construction d’un partenariat gagnant- gagnant.

Mais n’oublions pas aussi le fameux TCO (Total Cost Ownership) ! Car clairement, l’achat en TCO peut faire faire des économies et réduire les impacts environnementaux et sociaux sur l’ensemble de la chaîne de valeur…Même si acheter en coût total n’est pas chose si aisée…il faut avoir une vision d’ensemble du cycle de vie du produit ou du service pour être capable de mesurer les coûts associés à chaque étape : coût de transport, de maintenance, des consommations, de fin de vie, de SAV etc. Prenons l’exemple de l’achat d’un logiciel informatique, s’arrêter au coût facial (direct) est bien limitant ! Quid des coûts de maintenance, de formation, de mise à jour des logiciels, des consommations d’énergie ? Si l’on est capable de mesurer ces coûts, il apparaît bien souvent que la solution plus responsable coûte moins cher. D’ailleurs, les normes de management vont clairement dans ce sens ; l’Iso 50001 qui est la première norme à faire le lien entre management et économies financières le montre très clairement : elle oblige les acheteurs à prendre en compte l’efficacité énergétique des équipements, produits et services qu’ils achètent ! Pour preuve, l’entreprise Schneider qui a été la première entreprise certifiée Iso 50001 a réalisé des économies substantielles en revisitant ses façons d’acheter.

Il est même possible d’aller plus loin en intégrant les impacts environnementaux et sociaux de l’achat du produit : c’est le fameux TCO sociétal. Certes, il est parfois compliqué d’obtenir des coûts sociétaux et de les monétariser. Où s’arrête-t-on dans la prise en compte des impacts environnementaux et sociaux qui sont produits ? Prenons l’exemple de l’achat de caméras pour l’audiovisuel : acheter en coût global et sociétal suppose d’intégrer tous les coûts comme la durée de vie de la caméra, les coûts de santé liés aux troubles musculo-squelettiques, le recyclage en fin de vie de la caméra etc.

Pour être encore plus concrets, prenons l’exemple des machines à café à dosettes qui sont achetés pour les bureaux professionnels. Comme nous le dit très bien Fanny Bénard du cabinet Buy Your Way spécialisé dans les achats responsables « Nous ne prenons pas suffisamment en compte le coût d’achat des consommables quand nous achetons des machines à café, preuve en est quand les entreprises vendeuses de machine à café proposent de nous offrir la machine sous la seule condition que nous achetions une boîte de 24 capsules : dans ce cas précis, le coût de possession de la machine se trouve bien dans l’achat des dosettes ».

Certes la machine à café n’est pas très onéreuse, mais c’est sans compter le prix des capsules, du détartrage, des interventions…comme Fanny Bénard  le précise si bien « Le tout peut revenir beaucoup plus cher ! Le TCO de possession augmente ».

Regardons maintenant du côté du TCO sociétal : il faudra regarder tous les éléments précités ainsi que les impacts environnementaux (laissons de côté les impacts sociaux, trop complexes à calculer et représentant un enjeu moindre par rapport au cas de la caméra).

Tentons de comparer une machine à café à dosettes et une machine classique (avec paquet de café et filtres en papier). Considérons son utilisation sur une période de 6 mois pour 10 personnes (à raison de deux cafés par jour) : il faudra comparer la quantité de capsules nécessaires versus la quantité de filtres et le nombre de paquets de café. Sans oublier de comparer le processus de fabrication : dans un cas, il faut fabriquer des capsules, dans l’autre cas, produire un sac et y mettre du café. Et comparer la fin de vie des consommables, les premiers ayant de grandes chances de terminer aux ordures ménagères alors que les seconds seront compostables (mais encore faut-il que les particuliers puissent faire du compost chez eux). Dans ce cas, le TCO sociétal sera meilleure pour la machine classique sauf si les capsules de café sont triées et compostées (comme c’est le cas pour les capsules Nespresso).

Et Fanny Bénard de conclure : « Pour d’autres produits, il faudra prendre en compte l’impact des transports comme le mode de déplacement, le nombre de camions, les accidents et les impacts sur la santé liés aux particules ».

Certaines informations sont calculables facilement, d’autres demandent des méthodologies de calcul plus complexes.

Mais indéniablement, toutes les études vont dans le sens d’une prise en compte du TCO par les acheteurs. De toute façon, la progression des démarches des entreprises sur le sujet des achats responsables amèneront les acheteurs à l’intégrer peu à peu. Car ils sont tous simplement gagnants à terme sur les deux terrains : la réduction des coûts et des impacts sociétaux ! Et pour les y aider, le jeu Circulab développé par le cabinet Wiithaa peut permettre d’avoir une vision globale du cycle de vie du produit et donc sensibiliser les acheteurs à la fameuse prise en compte de ce TCO…

Marion Bailly, cabinet Dans l’ère du temps

 

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JOUER POUR DÉCOUVRIR LES OPPORTUNITÉS DE L’ÉCONOMIE CIRCULAIRE

Nous avons eu l’opportunité d’animer un jeu sur l’économie circulaire, le Circulabgame, pour un grand groupe de la construction. Au menu : découvrir les opportunités de l’économie circulaire par le jeu et l’intelligence collective ! Nous étions 4 animateurs dans deux mini-bus réunis autour de hauts dirigeants partis une journée entière pour un CODIR dédié à l’économie circulaire. Cartes, plateaux de jeux, post-ils et idées collectives étaient au rendez-vous même au niveau des virages ! Alors et vous, quand prenez-vous le virage de l’économie circulaire ?

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ENTREPRENEURS, AVEC L’ÉCONOMIE CIRCULAIRE, RÉVOLUTIONNEZ LE MONDE !

Notre société actuelle est aujourd’hui indéniablement confrontée à des crises multiples : le modèle économique atteint ses limites, la crise écologique est plus que jamais présente et nous le rappelle tous les jours au vu des catastrophes de par le monde et de la pénurie qui s’annonce… de toute façon, si on suit les courbes actuelles, nous allons dans le rouge…

Lire la suite sur : http://www.dynamique-mag.com/article/economie-circulaire-evolutionnez-monde.4934

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EGALITÉ PROFESSIONNELLE : L’ARTICULATION DES TEMPS DE VIE UN ENJEU POUR LA PARITÉ

Hier, 29 juin 2016, l’égalité professionnelle était au programme d’une soirée organisée par le ministère des droits des femmes.

1 – Thème de la soirée : l’articulation des temps de vie

Le “réseau des entreprises pour l’égalité (REE)” était réuni autour du thème “L’articulation des temps de vie professionnelle, familiale et personnelle”. Ce réseau a été créé en juin 2015 (1) pour permettre aux entreprises de partager leurs bonnes pratiques et de mesurer leurs résultats. Il réunit les 120 premières entreprises françaises cotées et les entreprises labellisées “égalité professionnelles entre les femmes et les hommes”. 3 thèmes ont été traités jusqu’à présent : l’égalité salariale, la gestion des viviers et la féminisation des instances dirigeantes, l’organisation du temps de travail dans l’entreprise.

2 – Les temps forts de la soirée

En tant que membre de l’association BPW et Présidente du club Paris Ile de France, Marie-Hélène JORON assistait à la séance plénière du 29 juin, introduite par Madame la Ministre, Laurence ROSSIGNOL. Au cours des 2 tables rondes animées par Gisèle SZCZYGLAK (2)  des expert-e-s et des entreprises nous ont présenté leurs travaux, études, réflexions, actions. Des personnalités représentant des organismes, associations, entreprises d’horizon différent – la CAF, France Stratégie, Happy Men, Ernst And Young, ORSE, ANACT, Janssen, BETC, groupe Casino, et la dynamique Mara MAUDET qui nous a parlé des crèches qu’elle a crées à vocation d’insertion professionnelle. Nous reviendrons prochainement sur le contenu des échanges.

3 – Après avoir souligné que s’engager dans l’égalité professionnelle femmes/hommes est un combat profondément moderne pour les entreprises, Madame la Ministre Laurence ROSSIGNOL a rappelé la campagne menée contre le sexisme et le renforcement des dispositions légales à cet égard ; elle a prononcé une phrase qui m’a fait écho : le ” sexisme est le matériau du plafond de verre “.

Marie-Hélène JORON

30 juin 2016

 

(1) http://www.familles-enfance-droitsdesfemmes.gouv.fr/intervention-de-pascale-boistard-lors-de-la-remise-du-rapport-du-haut-conseil-a-legalite-femmes-hommes-et-du-conseil-superieur-de-legalite-professionnelle-sur-la-parite-economique/

(2) Docteur en philosophie politique et auteure de nombreux ouvrages, Gisèle SECZYGLAK, a entre autre, mis en place 3 programmes de cross mentoring collectif en collaboration avec les déléguées aux droits des femmes de 3 départements, visant le renforcement de l’égalité professionnelle.

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ET SI LA LOI SAPIN 2 SUR LA CORRUPTION ÉTAIT UN LEVIER POUR RÉELLEMENT ANCRER LA DIMENSION ÉTHIQUE DE LA RSE DANS LES ENTREPRISES ?

Des entreprises françaises condamnées à l’étranger pour des faits de corruption étrangers…il était temps que les politiques publiques renforcent l’arsenal législatif en France sur le sujet pour contribuer à ancrer la dimension éthique de la RSE dans les entreprises…la loi Sapin 2 qui comporte une fort volet sur la corruption s’y est attelé et a suscité de vifs débats !

Elle prévoit notamment la création d’une agence nationale de la corruption, la possibilité de poursuivre plus facilement les entreprises pour fait de corruption, une meilleure protection des lanceurs d’alerte et une traçabilité du lobbying…le jeudi 14 juin, elle vient d’être renforcée par l’assemblée nationale dans les mesures qu’elle prévoit, notamment sur tout ce qui a trait à l’évasion fiscale et à la publication d’informations financières…en résumé, il faut retenir que les entreprises  de plus de 500 salariés et dont le chiffre annuel est supérieur à 100 millions d’euros, auront l’obligation de mettre en place un dispositif de prévention de la corruption, et devront notamment parmi les nombreuses obligations former leurs salariés… « encore des obligations » vont nous répondre les entreprises, il est vrai que l’arsenal législatif est un vrai mille-feuille mais encore une fois, au lieu d’y voir encore une perte de compétitivité pour les entreprises, c’est peut-être l’occasion de transformer le positionnement éthique des entreprises en opportunités pour réduire les risques et améliorer leur image : finalement ce qui compte, c’est bien que le sujet soit mené pas à pas avec pertinence et sens dans les entreprises en fonction des enjeux prioritaires et des marges de manœuvre présentes…et que les salariés s’approprient le sujet concrètement dans l’exercice de leurs métiers…en tout cas, retenez que cette loi va impacter les entreprises, et une fois de plus celles qui auront anticipé et su engagé toute l’entreprise (au-delà de simples procédures collectives exigées par la loi) en feront à terme un facteur de différenciation sur leur marché.

Certes, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir, mais cette disposition législative nous semble intéressante et doit être anticipée pour ancrer réellement la dimension éthique de la RSE dans les entreprises, créer de la valeur ajoutée et de la performance globale.

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LA RSE ET LA VALORISATION DES ACTIFS IMMATÉRIELS : UNE CONDITION NÉCESSAIRE POUR GARANTIR LA VALEUR PATRIMONIALE D’UNE ENTREPRISE !

Aujourd’hui, les acteurs qui gravitent dans l’écosystème de l’entreprise sont assez unanimes sur une chose : toute la richesse d’une entreprise ne se mesure pas uniquement sur la lecture de son bilan comptable…d’ailleurs, il est d’usage de considérer dans la communauté que les 2/3 de la valeur  patrimoniale d’une entreprise ne se lit même pas dans son bilan…mais alors, où se lit elle ? dans la RSE et les actifs immatériels…

Une grande partie de la richesse de l’entreprise est immatérielle tout simplement ! autrement dit « gazeuse ». On ne peut pas la lire dans les stocks de l’entreprise ou dans ses disponibilités financières (ou du moins pas encore…). C’est un peu comme la partie immergée de l’iceberg que l’on ne voit pas, et qui est pourtant si fondamentale…

Tour l’enjeu pour une entreprise est donc de savoir comment repérer cette création de valeur immatérielle…pour réunir toutes les conditions nécessaires à son émergence…avec évidemment comme objectif ultime d’augmenter la performance globale et la valeur patrimoniale de son entreprise !

Les actifs immatériels, source de création de valeur

Et bien justement, ce sont les actifs immatériels qui contribuent à cette création de valeur et il est malheureusement encore trop courant d’entendre que celle-ci repose sur la marque et les brevets de l’entreprise…une vision bien trop réductrice !

Les actifs immatériels sont en fait bien plus nombreux : le capital humain en fait évidemment partie tout comme le capital organisationnel, le système d’information, les clients, les fournisseurs, le capital environnemental, les parties prenantes etc.

Et tout l’enjeu aujourd’hui est de savoir identifier ceux qui créent de la valeur, pour mieux les enregistrer et les piloter…et ce pour aller vers plus de performance globale !
Comment voulez-vous dégager des free cash-flow futurs et de la performance si vos clients sont peu fidèles, en voie de paupérisation, si votre personnel a des compétences obsolètes, ou si vous dégradez l’environnement dont vous dépendez ? c’est un peu comme un arbre qui apparaîtrait florissant à première vue mais dont les racines sont en bien mauvais état…

Or aujourd’hui, ces actifs immatériels, on ne sait pas bien les mesurer, ni les compter… certaines démarches existent et les systèmes de comptabilité sont tout doucement en train d’évoluer mais globalement, la mesure de ces actifs est inexistante : c’est quand même un comble ! quand on sait que 2/3 de la valeur de l’entreprise est immatérielle !

Et le dicton « on ne sait gérer que ce que l’on sait mesurer » prend alors tout son sens…

Sans tomber dans l’excès de la mesure, il est fondamental aujourd’hui de savoir les repérer pour comprendre les conditions de leur développement…

Et d’autant plus aujourd’hui, dans une société en plein changement de paradigme de par le contexte de raréfaction des ressources et les nouvelles attentes sociétales : que ce soit dans les nouveaux modèles économiques, qui donne une place très forte à l’économie circulaire ou dans les nouvelles façons de manager qui mise désormais sur la motivation et l’implication, la part donnée à la connaissance, au partage et à la coopération est immense ! : or la valeur d’une entreprise repose avant tout sur cette économie de la connaissance, de la coopération, et sur les relations qu’elle entretient avec son écosystème : oui, les parties prenantes contribuent à créer de la richesse pour l’entreprise ! vos clients sont évidemment fondamentaux comme le sont tout autant les relations avec les institutions, les entreprises de votre territoire, les associations etc. pour peu que l’on sache co-construire des relations bénéfiques et créer de la valeur partagée ! Une entreprise bien ancrée dans son territoire comme Pocheco, dans le Nord Pas de Calais, cité dans le documentaire « Demain » de Mélanie Laurent en est un parfait exemple : l’entreprise a tout compris, elle a misé sur le long terme et sur ses actifs immatériels : c’est tout simplement l’usine de demain ! l’entreprise prouve qu’il est possible d’être plus productif tout en augmentant le bien-être des salariés et en respectant l’environnement.
Et c’est bien cela tout l’enjeu des entreprises : faire comme Pocheco…autrement dit favoriser les conditions qui vont permettre aux actifs immatériels de s’exprimer, de se révéler et de créer de la valeur partagée pour l’entreprise, ses parties prenantes et la société !

Mais comment voulez-vous avoir de bons actifs immatériels si vous ne savez pas valoriser votre capital humain, si vous ne savez pas tirer le meilleur de chacun et le meilleur de tous dans la coopération ? tous les meilleurs reporting du monde ne vous permettront jamais de faire émerger cette valeur ajoutée si vous ne savez pas motiver, impliquer, fédérer, donner du sens, autonomiser et donner de la reconnaissance à votre personnel !

Et c’est la même chose pour l’environnement ! ou votre relation à la société ! si vous dégradez l’écosystème dans lequel vous vivez, et que votre business dépend de ces ressources, vous vous tirez une balle dans le pied. Au contraire, si vous misez sur l’innovation en intégrant pas à pas les enjeux environnementaux dans vos nouveaux produits et services, vous pouvez valoriser votre actif environnemental et en faire un argument de vente (pour peu que votre marché soit prêt, rien n’est simple, le « time to market » est fondamental, il ne faut pas se mettre en péril). En tout cas, aujourd’hui, sur certains marchés, les clients sont demandeurs ! et la tendance ne fera que s’accentuer !

Donc, il apparaît évident que pour favoriser de bonnes conditions de développement de ces actifs immatériels, la démarche RSE est fondamentale !

La RSE, une condition nécessaire pour augmenter la valeur des actifs immatériels et la valeur patrimoniale de votre entreprise.

C’est tout du moins une condition nécessaire, on ne saurait affirmer qu’elle soit suffisante mais ce qui est certain, c’est que si vous traitez mal votre personnel, il y a de grandes chances qu’ils travaillent beaucoup moins bien !

Misez sur l’éthique, le sens, l’engagement, l’innovation, les relations partenariales, la coopération, le bien-être fait bien partie d’une démarche RSE gage d’une garantie de création de valeur partagée, de développement, de pérennité…et de valeur patrimoniale…

Alors repreneurs et cédants, avez-vous misé sur une démarche RSE ? vous en ferez ou vous en avez certainement déjà fait, mais être capable de la structurer, de l’engager de façon globale et dans le temps est certainement le meilleur moyen de s’assurer de la valeur de vos actifs immatériels et de transmettre ou reprendre votre entreprise avec le maximum de valeur !!

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APRÈS LA REPRISE D’ENTREPRISE : SI VOUS FAISIEZ DE LA RSE VOTRE PRINCIPAL AXE DE VOTRE DÉVELOPPEMENT ?

La RSE, une autre façon de penser et de vivre les affaires dans une logique de « gagnant-gagnant ».

La RSE (Responsabilité Sociétale de l’Entreprise) est l’application des principes de développement durable à l’échelle de l’entreprise. Et plus concrètement ?

Elle vise pour les entreprises à travailler sur :

  • La rentabilité économique (pour créer de la valeur sur le long terme)
  • La préservation de lenvironnement (diminuer les nuisances et la consommation de ressources)
  • L’équité sociale (promouvoir une politique de RH avancée) et sociétale (contribuer au développement socio-économique du territoire d’implantation de l’entreprise)

La RSE permet donc d’intégrer les enjeux environnementaux et sociaux dans la stratégie de votre entreprise et votre business model pour asseoir votre performance économique sur votre performance sociale et environnementale.

La RSE ça peut-être :

  • un avantage commercial à travers de nouveaux produits et services plus verts et innovants,
  • ou encore une nouvelle manière de manager pour motiver les salariés autour d’un projet collectif porteur de sens,
  • ou aussi une nouvelle façon de maîtriser ses risques d’image, de réputation, et sociaux
  • et enfin et surtout un atout et moyen pour faire des économies et réduire les coûts !

Des contraintes apparentes (réglementation, normes, attentes clients, manque de moyens, de temps etc.) se transforment en opportunités si l’on comprend bien ses enjeux et que l’on se lance pas à pas dans la démarche !

La liste des bénéfices est longue et dépend bien évidemment des enjeux sectoriels de l’entreprise :  une entreprise du bâtiment aux prises avant tout avec des risques d’accidents du travail très élevés n’est pas confrontée aux mêmes enjeux qu’une entreprise de nettoyage (risques de Troubles Musculo Squelettiques, décalage des horaires, isolement des femmes de ménage etc..).

Certains entrepreneurs répondent que face à une réalité plus que difficile aujourd’hui, la RSE n’est pas leur priorité : ils n’ont pas tort… en effet, les entreprises sont prises dans un étau de logique contradictoires, produire toujours plus, moins cher  et avec moins…mais rester ouvert, trouver de nouvelles opportunités pour innover, comprendre que les attentes des clients vont évoluer et que la réglementation n’ira qu’en se durcissant, est essentiel aujourd’hui ! :  l’obligation de reporting en matière environnemental et social pour les entreprises de plus de 500 personnes en est d’ailleurs une bonne illustration…et les petites entreprises vont être clairement impactées, notamment via les cahiers des charges des clients, qui sont  d’ores et déjà de plus en plus exigeants !

Les PME qui se sont posées  les bonne questions il y a quelques années, et qui ont progressivement intégré une démarche de développement durable dans leur stratégie, semblent en tout cas mieux résister à la crise : c’est  évidemment quand tout va bien que l’on peut se poser les bonnes questions :  une fois au pied du mur, il est souvent trop tard… : les entreprises confrontées à des soucis de trésorerie, prises dans des contraintes de temps,  d’urgence, se replient sur du très court terme, et ont bien souvent un carnet de commandes qui ne dépasse pas l’horizon des trois semaines…Mais paradoxalement certaines entreprises bien que dans des secteurs hautement concurrentiels, parviennent à tirer leur épingle du jeu…meilleur fonctionnement, meilleure organisation, gains de productivité, fidélisation des clients, opportunités commerciales… :  s’être posé les bonnes questions au bon moment et avoir engagé une démarche progressive peut vous faire gagner du temps et de l’argent !

Stéphane Carmine, DG de la société Carmine SA, entreprise du bâtiment spécialisée dans ravalement de façades, les peintures et la valorisation du patrimoine, est affirmatif « la démarche de développement durable engagée en 2007 nous a clairement permis de de donner un nouvel élan à l’entreprise, une nouvelle ligne de conduite, et ainsi de renouveler le dialogue social avec nos salariés et de mieux impliquer nos fournisseurs et nos sous-traitants ».

L’entreprise Carmine est rentrée peu à peu dans une démarche de vigilance technologique et est aujourd’hui à la pointe des innovations sur les matériaux et les procédés, notamment dans le domaine de la performance énergétique. Carmine est aussi devenue une référence dans le secteur des peintures, elle vient d’ailleurs tout juste de sortir une nouvelle formulation avec un pouvoir de réflexion permettant d’installer des ampoules moins consommatrice en énergie…

Et Stéphane Carmine d’ajouter que « la crédibilité de la démarche de développement durable leur a permis d’avoir une approche commerciale différente leur permettant ainsi de gagner des marchés et de retrouver d’anciens clients ».

Pour couronner le tout, l’entreprise s’est payée le luxe d’un attaché de presse en 2008 pour communiquer et valoriser sa démarche, et a pu ainsi bénéficier d’une meilleure image dans un secteur pas toujours reluisant, et voit encore aujourd’hui le jour des retombées commerciales et économiques de cet investissement…

Et d’après ses dires, la démarche n’a pas entraîné de réel surcoût et à la clef, l’entreprise est plus productive, plus rentable, plus créative, et plus efficace…aucun doute, aujourd’hui l’entreprise se porte très bien, malgré la crise, et la démarche de développement durable engagée y a fortement contribué…

Autre exemple édifiant, celui de Pascal Jarry de l’imprimerie Arteprint : il l’annonce clairement, « l’ensemble des certifications obtenues Imprim’Vert, Iso 14001, double certification de la chaîne de papier PEFC, FSC, nous ont ouvert de nouvelles opportunités commerciales et permis de fidéliser nos plus gros clients ».

Dans un contexte actuel assez morose pour le secteur de l’imprimerie, l’entreprise Arteprint tire son épingle du jeu, notamment au niveau économique :  un chiffre qui parle de lui-même…le bilan carbone réalisé en 2008 a permis de générer 70000 euros d’économies la première année en revisitant le poste des transports.

Au-delà des aspects économiques et environnementaux, l’entreprise toute entière est mobilisée autour du sujet du développement durable : « les salariés sont fiers de travailler dans une entreprise propre et véhiculent cette image à l’extérieur » souligne Pascal Jarry…

Image redorée, plus grande motivation du personnel, meilleure communication avec les partenaires publics et institutionnels…tous ces bénéfices ont permis à l’ensemble des acteurs de porter un regard nouveau sur l’entreprise…permettant ainsi à Arteprint d’accéder à des subventions nouvelles sur des investissements conséquents de machines plus performantes et moins consommatrices en énergie…

Ce qui est certain, c’est qu’il est plus facile d’intégrer la RSE dès le début de la création ou d’en faire un vecteur de relance ou de croissance pour la reprise de votre entreprise !

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MOBILISEZ VOS SALARIÉS AUTOUR DU DÉVELOPPEMENT DURABLE EN ÉTANT CRÉATIF, LUDIQUE ET INNOVANT

 

Aujourd’hui, de plus en plus d’entreprises s’engagent dans le développement durable, pleinement conscientes de la valeur ajoutée qu’elles peuvent en retirer : meilleure réponse aux attentes des clients, différenciation de la concurrence, maîtrise des coûts, motivation et fédération du personnel, innovation sur de nouveaux business models etc. La liste des bénéfices est longue et dépend évidemment des enjeux de l’entreprise et de son degré d’implication…et en ce sens, l’implication de la direction est fondamentalement le premier socle de la réussite…inutile de rappeler qu’il n’est point de démarche de RSE sans un moteur « top down » clair et affiché…

Néanmoins,  il est un autre ingrédient clef qu’il ne faut pas oublier dans la réussite d’une telle démarche et qui a tendance à être fortement sous-estimé dans les entreprises : l’appropriation de la démarche par les salariés, les premières parties prenantes internes et forces vives de l’entreprise !

Pourquoi ?  car ce sont eux qui sont au cœur de l’entreprise, ce sont eux qui connaissent parfaitement les modes de fonctionnement, ce sont eux les opérationnels qui peuvent aider à l’atteinte des objectifs RSE, ce sont eux qui se font porte-voix de leur entreprise à l’extérieur, ce sont eux qui portent la fierté et l’image de leur entreprise, ce sont eux qui en intégrant réellement le développement durable dans leurs pratiques peuvent vous aider à valoriser votre démarche, et ce sont eux qui ont souvent beaucoup d’idées pour innover et on a bien trop souvent tendance à l’oublier…..

 

Et force est de constater que très peu d’entreprises sont aujourd’hui réellement mobilisées au niveau managérial et opérationnel : les managers intermédiaires  et leurs équipes ne sont que trop peu sensibilisées au sujet du développement durable.

 

Dommage, me direz-vous ! Oui, et je vous dirais même plus, un vrai gâchis !… car bien souvent le responsable environnement ou développement durable des grands groupes court dans tous les sens et s’épuise à petit feu pour tenter tan bien que mal de mobiliser les salariés sur les indicateurs clefs à remplir dans le cadre d’un reporting certes nécessaire mais lourd et complexe, surtout quand la plupart des salariés n’en comprennent pas le sens et qu’ils rechignent à fournir les chiffres…et oui, sans vision partagée, pas d’objectifs partagés, pas de mobilisation commune….Alors oui construire une vision partagée par tous n’est pas si simple…mais cela suppose d’en faire un véritable projet d’entreprise et de donner envie aux salariés d’aller dans le même sens… !

 

Mais comment se mobiliser sur des objectifs RSE quand on est peu conscients, peu sensibilisés et surtout peu aux faits de ce que l’on peut réellement faire et proposer… ?

 

Et comment se mobiliser sur un projet développement durable quand on est peu sollicités pour ses idées notamment ?…

 

Certes on doit et on peut former aux enjeux du développement durable, aux enjeux de l’entreprise, à sa politique RSE, pour donner un cadre, pour fixer un cap, mais ces formations doivent rester courtes au risque de rester désertes ou lettres mortes…Et puis pour intéresser les salariés, il faut donner envie, il faut les mettre en action, les rendre acteurs, leur préciser ce qu’on attend d’eux et comment ils peuvent agir, comment ils peuvent prendre des initiatives ou remonter des idées…

 

Alors quelles actions peuvent être menées en interne pour donner envie aux salariés de se mobiliser ? Il ne s’agit pas ici de lister toutes les actions qui pourraient être déployées mais juste de vous donner un avant-goût de quelques actions de sensibilisation créatives et innovantes…

 

Parlons des éco-gestes notamment…l’idée étant d’inciter les salariés à se mobiliser tous ensemble au quotidien sur des gestes plus respectueux de l’environnement qui seront positifs sur les trois piliers du développement durable : économiques avant tout avec des économies pouvant se chiffrer à plus de 200 euros par salarié / an, sur une grosse entreprise, faites le compte !, et puis les avantages sociaux sont indéniables, cela décloisonne les services, améliore la communication interne, crée du lien social et améliore les conditions de travail sans parler des bénéfices environnementaux…

 

Ecoutons à ce sujet le témoignage d’Hakima Laïb, Responsable Qualité Sécurité Environnement du groupe Atol les opticiens: « Dans le cadre de la politique environnementale de notre certification iso 14001, nous avons cette année comme objectif de diminuer de façon conséquente nos impacts sur l’environnement et plus particulièrement nos consommations d’énergie…et pour atteindre nos objectifs ambitieux, il nous faut clairement l’implication de tous les salariés autour d’un projet d’entreprise qui fait sens et qui est vraiment ancré dans l’ADN de l’Enseigne Atol les opticiens ». Pas étonnant donc que le groupe Atol les opticiens ait décidé de faire appel au cabinet Actuellesformations, gérée par Emmanuelle Dioux, pour organiser un atelier sur les éco-gestes créatif et ludique qui donne l’envie à tous de se mobiliser ! Ecoutons de nouveau Hakima Laïb « En organisant cet atelier, nous voulions rendre les collaborateurs acteurs pour qu’ils participent pleinement à l’atteinte de nos objectifs et qu’ils soient force de proposition, mais nous voulions aussi mobiliser le salarié citoyen dans les gestes de sa vie privée de tous les jours ». Objectif pleinement réussi, comme en témoigne Hakima, enchantée des résultats : « Les salariés présents à l’atelier ont pris conscience des impacts de leurs gestes sur l’environnement, les idées reçus tombent, ils découvrent un brun étonnés qu’un photocopieur consomme 80 % de son énergie en mode attente, ou encore, que 14 % des impressions dans les grandes entreprises ne sont jamais lues ». Mais les ateliers sont avant tout ludiques, donc il n’est point question de culpabiliser les salariés, il s’agit plutôt de les faire monter en conscience et de leur montrer qu’ils peuvent être acteurs et qu’ils peuvent avoir des idées. Hakima Laïb nous le confirme d’ailleurs : « une fois l’atelier passé, les salariés présents s’engagent encore plus dans leur vie privée, ils deviennent quelque peu de vrais ambassadeurs dans leur entreprise malgré eux, ils en parlent à leurs collègues, aux nouvelles recrues, affichent non sans fierté les engagements qu’ils ont pris comme le fait d’éteindre systématiquement leur ordinateur, ou bien leur écran pendant la pause déjeuner ».. De petits gestes qui paraissent anodins mais qui ne sont pas sans conséquences sur le porte-monnaie et sur la réduction des consommations… quand on sait qu’un écran qui reste allumé le soir coûte 30 euros par an… Puis le côté ludique et créatif permet de décloisonner les services et crée du lien, chacun se mobilise sur un objectif commun. Maintenant, il ne faut pas s’arrêter en si bon chemin, c’est pourquoi Hakima Laïb compte mesurer les impacts économiques et environnementaux des éco-gestes engagés par ces collaborateurs. « Nous avons déjà franchi une bonne étape, nous avons combattu les idées reçues, mobilisé le citoyen salarié, trouvé des relais sur qui s’appuyer…maintenant, c’est à nous de poursuivre la dynamique qui a été lancée ». conclue Hakima LaïbSouhaitons-leur le meilleur  pour la suite…

 

Mais certains salariés ne sont que peu réceptifs à ce genre d’engagements, alors il faut être créatif pour leur proposer des ateliers plus adaptés innovants en lien avec le business model de l’entreprise. Et puis un monde en plein changement de paradigme et plus collaboratif que jamais, ouvert sur « l’open innovation », et donnant toute sa place à la créativité, il serait dommage de ne pas profiter de toute la richesse des salariés pour inventer les modèles de demain (cf. articles sur les nouveaux modèles économiques, économie circulaire notamment).

 

Ecoutons à ce sujet, Brieuc Saffré de l’agence Wiithaa, une agence de design dédiée à l’économie circulaire : « Notre agence s’appuie sur le design pour travailler sur la valorisation complète du gisement de déchets industriels, et sur l’écoconception de produits et services plus vertueux d’un un point de vue économique, social et environnemental ». « Et pour réussir ce challenge passionnant, la vision globale et transversale est plus que nécessaire pour impliquer toutes les parties prenantes, salariés, clients, fournisseurs, etc. dans la co-conception d’un business model plus vertueux, créateur de valeur partagée par tous ! » rajoute Brieuc Saffré.

Mais oui, nous l’oublions trop souvent, nos salariés notamment, ont plein de compétences et d’idées qu’ils ont trop peu l’occasion d’exprimer au sein de leur entreprise : un véritable gâchis en soi !  Et comment impliquer ses salariés pour inventer des produits et services de demain plus vertueux ? « Par le jeu ! »nous répond Brieuc Saffré, « Quand on joue, on est tous dans le même bateau quelque part, et on doit tous aller dans le même sens, le jeu est un vrai détonateur de projetsles gens se sentent impliqués, et ensemble ils sont plus créatifs » rajoute BrieucOui, on veut bien le croire ! « Le jeu que nous avons inventé, le Circulab Game, se focalise autour des enjeux sur l’économie circulaire, il s’adresse à tous le salariés de l’entreprise, marketeurs, responsables de production, ingénieurs, commerciaux, acheteurs, etc. Côte à côte, ils partagent leurs idées, leurs objectifs, prennent la mesure de l’impact sociétal de leur entreprise, et ensemble parviennent à transformer des contraintes en opportunités » nous confie Brieuc Saffré passionné.

Un team building extrêmement puissant pour recréer du lien, et décloisonner les services de l’entreprise ! La recette idéale pour pouvoir porter et déployer un projet innovant dans l’entreprise, où les services doivent travailler main dans la main pour sortir un premier prototype… et puis quand les salariés sont convaincus du projet, ce sont les meilleurs porte-parole dans l’entreprise : « un vrai levier pour les freins au changement » nous dit Brieuc Saffré… Mais comme tout projet, ce genre d’ateliers ne s’improvise pas. « Leur organisation doit partir d’une vraie problématique que rencontre l’entreprise, un coût des déchets trop important, un soucis d’approvisionnement, un business model sur le déclin, etc… Après les phases de créativité, nous concrétisons les idées en prototypes avec de la pâte à modeler, de l’impression 3D, du carton… il en sort du concret, et des projets innovants, répondant à la logique d’économie circulaire et de développement durable » termine Brieuc SaffréEt j’en veux pour preuve avec l’exemple d’un grand groupe cimentier que l’agence Wiithaa a accompagné et qui a notamment revu tout son circuit de livraison avec le digital et diminuer ses surplus et ses gâchis de matières premières à la livraison… une valeur ajoutée qu’ils partagent d’ailleurs avec le client. Tout le monde est gagnant !

 

Et oui, pour faire avancer tout le monde, créer de la valeur pour les entreprises et protéger notre planète, il nous faut arrêter avec le côté anxiogène et culpabilisant du développement durable…et le rendre désirable ! N’oublions pas que le désir est le moteur de l’action…et des idées, les salariés en ont…ce sont eux vos forces de frappe innovantes : et un dernier conseil,  n’oubliez jamais que la meilleure idée, ce n’est pas la vôtre,  c’est  la leur…

Alors à quand un brainstorming géant dans vos entreprises ?

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ECONOMIE ET CONSOMMATION COLLABORATIVE : ADAPTEZ VOTRE MODÈLE À CETTE NOUVELLE ÉCONOMIE AUX MULTIPLES VISAGES

 

Economie et consommation collaborative :  adaptez votre modèle à cette nouvelle économie aux multiples visages 

Chers consommateurs et entrepreneurs, n’avez-vous pas déjà ruminé que votre voiture restait bien trop longtemps inutilisée au garage ? Rien d’étonnant à votre réaction quand on sait qu’elle est à l’arrêt 92 % du temps ! Et que dire de votre perceuse que vous n’utiliserez que 12 minutes tout au long de votre vie ! Et que penser du DVD qui dort la plupart du temps ? De tels exemples consternants sont légions…Ne vous-êtes-vous alors jamais demandé pourquoi ne pas en faire bénéficier quelqu’un d’autre ? Si oui, alors, les mots “Economie et consommation collaborative” sont faits pour vous… !  Prêts, trocs, locations…de toute façon, de tout temps, les échanges entre particuliers ont existé, mais cette fois-ci, ils intègrent l’économie réelle et sont en passe de révolutionner notre économie…pour de bon…Alors, allons voir de plus près ce qui se cache sous cette nouvelle économie avec un grand C qui rend le consommateur plus que jamais acteur de sa consommation mais qui permet aussi de co-construire et de co-créer avec son client dans une logique partenariale et  surtout au plus près de son territoire !

Un contexte favorable à l’émergence de ce nouveau modèle

Dans un contexte économique de crise économique, sociale et environnementale, il est plus qu’urgent de se donner les moyens de satisfaire autrement ses besoins. L’enjeu est bien de consommer mieux en intensifiant l’usage des ressources qui sont à notre disposition et de démocratiser l’accès de tous au marché tout en faisant du bien à son pouvoir d’achat, et à la planète.

De plus, actuellement, un vaste changement culturel s’opère dans notre société : les nouvelles générations sont connectées en permanence à Internet, elles sont de plus en plus sensibilisées sur les nouveaux enjeux de développement durable et souhaitent pouvoir reprendre la main ; et il est indéniable qu’aujourd’hui, ces nouvelles générations sont beaucoup moins attachées à la propriété et cherchent à construire leur identité autour d’un réseau de partage….

Tous ces éléments de contexte sont donc favorables à l’émergence de cette nouvelle économie…alors justement, qu’est-ce que l’économie collaborative concrètement ?

Une économie créative et de bon sens qui est en passe de remodeler tout un pan de l’économie

L’économie collaborative représente tout simplement toutes les nouvelles formes de partage, d’échanges, de location entre particuliers qui sont permises par les sites internet. Simple, non ?…oui en apparence, mais plus complexe à mettre en œuvre…Pour nous parler plus en détail des concepts sous-jacents cette économie, écoutons l’expert en la matière, Antonin Léonard, co-fondateur du collectif OuiShare, un think tank et mouvement citoyen dédié au sujet de l’économie collaborative : « L’économie collaborative a émergé grâce à Internet et aux nouvelles possibilités de collaboration entre particuliers qui rendent possibles des échanges plus directs entre particuliers… ».

Et des plateformes d’échanges de service collaboratives, c’est pas ça qui manque…Drivy (sites de locations de voitures entre particuliers), Couchsurfing (échanges d’hébergements entre particuliers), la machine du voisin (partage de machines à laver entre particuliers), Friz biz (échanges de services entre particuliers) Kiss kiss bank bank (plateforme de crowfunding qui met en relation des créateurs de projets innovants et des contributeurs financiers prêts à investir dans ces dits projets), Zilok, I Lok you (1er réseau de location d’objets entre particuliers), Airbnb, Covoiturage, Blablacar, et j’en passe…Vous en avez tous très certainement déjà entendu parler…ces sites éclosent à la vitesse éclair, et font de plus en plus d’adeptes chaque jour. Quand on pense à la logique sous-jacente de ce modèle empreinte du plus gros bon sens, on se demande bien pourquoi ces sites n’ont pas émergé plus tôt…Mais c’est bien souvent au pied du mur et dans un contexte d’étau et de contraintes que l’homme retrouve son plus grand bon sens et sa créativité pour innover….Quand on pense aujourd’hui qu’il y a environ 1,5 millions d’inscrits sur le site de covoiturage, et environ 100 000 inscrits de plus chaque mois, on ne peut que mesurer l’ampleur du phénomène.

Cette économie est révolutionnaire puisqu’elle se base sur un concept « horizontal » régentée par des places de marché quand l’économie « verticale » classique se base sur des relations linéaires du fabricant au consommateur…Ecoutons à nouveau Antonin Léonard à ce sujet, « ces places de marché mettent en relation des personnes qui proposent et des personnes qui recherchent des biens ou des services, l’entreprise est un vecteur de mise en relation »…mais ne vous y trompez pas ! Derrière chacune de ces plateformes collaboratives se cachent une start-up qui a été capable d’identifier des micro-niches, des besoins de consommateurs et qui a su s’appuyer sur un business model solide…

 

 

Un nouvel eldorado pour les start-ups ?

Quand on prend par exemple le cas d’une entreprise américaine, qui propose de la garde d’animaux entre particuliers, et qui lève plus 5 millions de dollars, on ne peut être que stupéfait de la manne financière qui peut surgir de ces modèles…A priori, le business model paraît simple : il est basé sur un pourcentage à la transaction sur le chiffre d’affaires et doit atteindre une masse critique suffisante pour atteindre le seuil de la rentabilité. Et pourtant…ce modèle ne peut fonctionner seul avec la simple mise à disposition d’une plateforme : il suppose avant tout de générer de la confiance entre  inconnus et de cocréer une communauté d’ambassadeurs de la marque du site pour attirer de nouveaux utilisateurs…et ce site doit être pratique, bien désigné, avec une marque bien identifiée…Les utilisateurs membres du réseau de partage deviennent co-responsables de la qualité du service rendu. Ce qui suppose une confiance réciproque entre les membres, l’entreprise donnant la possibilité aux membres de s’évaluer à chaque partage de service. En bref, le modèle doit avant tout s’intéresser à l’humain.

« Les entrepreneurs qui réussissent le pari de l’économie collaborative sont de véritables artistes, ils doivent réussir à faire se rencontrer l’offre et la demande et rendre la marketplace, la place de marché liquide… ce qui va décupler les échanges en retour » explique Antonin Léonard…C’est un vrai travail prouesse et d’équilibriste pour réussir à atteindre cette masse critique : « c’est potentiellement plus facile à faire quand il s’agit d’un lieu d’échange local comme Airbnb qui échange des locations de vacances, que quand BlaBlaCar, le site de covoiturage en ligne, doit réussir à mettre en relation des personnes sur des trajets plus spécifiques et sur des segments plus restreints » rajoute Antonin Léonard.

Et les facteurs clefs de succès  à réunir pour réussir sont nombreux comme nous le rappelle très justement Antonin Léonard: « les entrepreneurs doivent se mettre en empathie vis-à-vis des utilisateurs finaux, comprendre l’expérience vécue par le client et proposer des démarches d’accompagnement qui permettent à l’utilisateur de proposer un service de qualité : ils doivent donc réfléchir fortement au design du service proposé dans sa globalité…par exemple en visualisant tous les points de contact avec les utilisateurs, en ligne et dans la vraie vie….. ». Pour exemple, Airbnb a monté des groupes à l’échelle d’un quartier pour aider les personnes proposant leur service d’hébergement à mieux accueillir les touristes…

Les entrepreneurs individuels ont finalement toute leur place et une grosse carte à jouer…mais attention aux mirages, certaines start-ups sont restés dans l’ombre sauf d’être arrivés au bon moment et d’avoir su identifier les vrais besoins des utilisateurs. Mais rassurez-vous il y a encore de la place, allez sur le bon coin et vous verrez que certains besoins sur des catégories de produits ne sont pas couverts !  En tout cas ce qui est sûr c’est que le développement de ces modèles est exponentiel…et que ce mouvement n’est pas prêt de s’arrêter…

Un modèle qui permet aussi d’innover et de cocréer avec le client et le consommateur

Mais d’autres modèles peuvent aussi entrer dans l’économie collaborative, notamment ceux qui entrent encore dans le champ de l’économie verticale traditionnelle et acceptent de décloisonner leur organisation pour co-construire avec le client dans l’innovation.

Prenons pour exemple les chaînes d’hôtels Mariott qui ont notamment lancé une plateforme collaborative qui permet de réfléchir avec la communauté sur la façon de réinventer le tourisme, et d’aider les clients à vivre autrement leurs expériences…Le cas d’Oxylane (Décathlon) est aussi à ce titre édifiant : il propose une plateforme openoxylane où les gens peuvent proposer des idées et services sur les produits : « et pourquoi pas inventer une table de ping pong trois fois plus grande ? »,  telles sont les questions qui peuvent s’échanger sur la plateforme et qui nourrissent des échanges forts sur la valeur et sur la faisabilité des idées….Enfin, comment ne pas parler de Dassault system, dans l’édition de logiciels, qui avant gérait les changements de produits en silos (R et D, Supply chain, Marketing etc) et qui depuis 2005, avec l’avènement des réseaux sociaux, a ouvert son processus d’innovation au consommateur en développant des applications sociales. L’enjeu étant pour eux d’embarquer les consommateurs dans « l’Ecodesign » ce qui permet de démultiplier l’écosystème de l’entreprise. Et ils sont tous affirmatifs : selon eux, c’est en agrégeant les connaissances et en faisant le lien avec le consommateur, qu’ils pourront développer de meilleurs produits.

Une économie révolutionnaire connectée aux enjeux de demain et aux impacts sociaux, sociétaux et environnementaux intéressants

De toute façon, cette économie aux antipodes de l’architecture de l’économie classique dérange indéniablement les grands groupes…Imaginez-vous ces nouvelles entreprises au modèle organisationnel radicalement différent, où ce sont les clients qui proposent les produits et les services ! Ceci dit, certains grands groupes ont su réagir à cette nouvelle vague et montent des partenariats avec les start-ups…et d’autres sont encore plus avancés comme Ikéa, qui propose à ses clients de faire du upcycling (recyclage à haute valeur ajoutée) en mettant une plateforme à disposition des clients qui souhaitent vendre leurs produits en fin de vie upcyclés ! Il fallait y penser non ? Mais pour cela, il faut ouvrir sur son écosystème en intelligence collective pour détecter les opportunités de collaboration et de partage. Rare encore sont les entreprises qui ont été capables de « mettre leur business model sur le grill » pour s’adapter à cette nouvelle économie…mais tous les secteurs vont devoir s’adapter (grande distribution, assurances, etc.).

Adieu donc l’économie ultra centralisée, hiérarchique, propriétaire de son écosystème et dominée par des grandes organisations. Cette économie vise elle à se reconnecter à l’économie locale réelle, en redonnant du pouvoir aux entrepreneurs, au territoire et au consommateur. Et en ce sens, au-delà des plus-values économiques, elle a des impacts sur trois piliers du développement durable : le sociétal, le sociétal et l’environnemental.

Les impacts économiques sont d’ailleurs plus qu’évidents : les opportunités sont immenses pour reconfigurer les relations entre les membres d’un écosystème, construire de nouvelles solutions et entrer dans de nouveaux marchés avec peu d’investissement et même mutualiser les services en tous genres…force est de constater que les entreprises partagent de plus en plus leurs locaux, leurs énergies, leurs flux et même leurs espaces logistiques… Dans un contexte de raréfaction des ressources et d’envol du prix des matières premières (cf. article sur l’économie de fonctionnalité),  l’usage collaboratif des ressources peut sans conteste devenir un vrai facteur de compétitivité pour les entreprises, notamment le partage de la flotte de véhicules sur les zones d’activités…le succès du site Bureau à Partager qui propose des plateformes de partage pour les bureaux ne peut que témoigner en ce sens.  Clément Alteresco, son PDG, donne des chiffres éloquents sur les espaces vacants et les potentiels d’optimisation. « Les entreprises ont besoin d’espaces flexibles, surtout en période de lancement, elles ne veulent pas de baux qui dure de 3 à 9 ans. Quand on sait qu’en Ile de France, sur les 20 Millions de m2 de bureau, 4,4 sont vacants et 15,6 mal utilisés ou sous utilisés, cela fait froid dans le dos ».

Les impacts sociétaux sont tout aussi visibles : ces nouvelles entreprises pensent clairement à l’échelle de l’écosystème, valorisent en effet les ressources locales dans un système innovant et ouvert qui permet de partager et de redistribuer équitablement la valeur créée… Au niveau sociétal, la finalité est donc bien de recréer du lien et de la cohésion sociale au sein des territoires et de redonner un peu d’humanité à l’échange marchand. Airbnb met d’ailleurs bien en scène ses services pour montrer que l’échange marchand est aussi l’occasion de créer du lien social entre les individus qui intègrent le réseau. Et cette économie redonne aussi du pouvoir aux acteurs d’un territoire : quand on prend l’exemple de la construction des bâtiments de demain, l’architecte doit maintenant intégrer une vision systémique et aborder son projet de façon collaborative avec l’ensemble des corps de métier. Le projet collaboratif doit être innovant, porteur d’impacts dans différents domaines (l’organisation, le confort, le bien-être etc…), et surtout créateur de valeur ajoutée pour le territoire…Si l’on prend l’exemple de Fondaterra, une plateforme multi-acteurs, qui permet de co-construire des projets innovants sur un territoire aussi bien dans le bâtiment, la mobilité, les espaces naturels agricoles, l’efficacité énergétique que dans la domotique en travaillant sur les usages notamment, il est certain que le territoire a de beaux jours devant lui…

Demain, de toutes les façons, nous vivrons en ville de façon très partagée : nous partagerons les parkings, les services dans les immeubles ainsi que l’accès aux services publics…de toute façon, ces nouveaux modes de vie ont déjà essaimé un peu partout sur le territoire. Et les acteurs de l’aménagement du territoire l’ont bien compris…

En conclusion, cette économie sert les enjeux de développement durable puisqu’elle mutualise les usages des produits et services sous-utilisés, qu’elle donne une seconde vie aux produits, et puisqu’elle permet au final au consommateur de payer moins cher ! Même si vous trouverez toujours des détracteurs pour vous parler du fameux  « effet rebond » qui entraînerait de la surconsommation : ce partage libèrerait soi-disant du pouvoir d’achat pour le consommateur qu’il dépenserait dans un autre acte d’achat…aucune étude ne l’a pour l’instant démontré…à suivre. Justement, allons voir du côté des consommateurs…

Une économie qui redonne la main au consommateur

Point n’est besoin de connaître le sujet du développement durable pour comprendre que les achats responsables des citoyens sont une clef essentielle pour le faire avancer : et point besoin d’être immergé dedans pour comprendre les limites du système : le consommateur est insuffisamment sensibilisé au sujet et contraint par son pouvoir d’achat. Alors justement, allons découvrir de nouveaux concepts de l’économie collaborative qui permettent de redonner la main et du sens aux achats des consommateurs justement…

Carrotmob est un concept qui vient des Etats-Unis et qui à l’aube de son succès, fait depuis 2010 le tour du monde : l’objectif s’inscrit parfaitement dans les principes de l’économie collaborative, il s’agit de redonner du sens aux dépenses des consommateurs et inciter les commerçants à mener des actions éthiques et responsables. Et le principe sous-jacent est très simple : c’est du donnant-donnant, les consommateurs de la communauté de Carrotmob s’engagent à acheter chez le commerçant et en contrepartie, celui-ci dédie un pourcentage du chiffre d’affaires ramené par la communauté à des actions sur le développement durable. Ecoutons Florian Guillaume, président de l’Association Carrotmob community, nous parler du processus : « chaque groupe organise localement sa campagne  et monte un évènement ponctuel chez un commerçant, épicier par exemple, et le jour j la communauté qui nous suit sur Face book peut ramener jusqu’à 500 consommateurs ».

Et les avantages sont nombreux pour le commerçant : ces derniers bénéficient d’un coup de projecteur et d’un regain d’image, génèrent du chiffres d’affaires supplémentaires et bénéficient d’accompagnements pour engager des actions plus écologiques…et quand on voit les actions menées, c’est plutôt du sérieux : d’ailleurs, Florian Guillaume l’affirme « nous sélectionnons le commerçant via un comité d’éthique avec un manifeste en 10 points  et nous essayons de promouvoir le meilleur»… Ce ne sont pas forcément des commerçants déjà engagés dans le bio d’ailleurs, et c’est plutôt rassurant : l’idée étant bien d’aider les commerçants classiques à avancer sur le sujet de façon pragmatique et non contraignante…Quand on voit la typologie des actions menées et quand on connaît le degré d’avancement des commerçants sur ce sujet, on ne peut être que ravi : écoutons à nouveau Florian Guillaume nous parler des actions menées« certains changent de fournisseurs d’énergie, d’autres développent un approvisionnement local et améliorent la qualité de leurs produits, certains s’investissent dans le champ sociétal et reversent un pourcentage de leur chiffres d’affaires à des associations etc… ». Et pour les accompagner, Carrotmob fait appel à un certain nombre de partenaires et de prestataires comme des fournisseurs d’électricité renouvelable, ou bien des experts pour mesurer les impacts environnementaux, sociaux et sociétaux des projets..

Aujourd’hui, si l’on fait les comptes, environ 25 000 consommateurs ont pu participer à ce genre d’évènements : une goutte d’eau dans la mer à priori et pourtant, le concept est novateur et très séduisant : les possibilités de développement sont immenses aussi bien en terme de cibles à toucher, grandes entreprises et PME qu’en terme de consommateurs. Et, pour cela, Carrotmob a bien l’intention de simplifier au maximum le parcours utilisateur et de réussir à toucher la masse en proposant des promotions et des incitations financières notamment…quant aux commerçants, ils sont aujourd’hui obligés de les sélectionner mais ils espèrent bien pouvoir rapidement démultiplier la force de frappe pour engager d’autres commerçants dans cette belle aventure, aux impacts environnementaux et sociétaux plus qu’évidents…

Et comme le souligne Florian Guillaume « aujourd’hui, la communauté a été établie et c’est bien cela l’essentiel, maintenant, on va pouvoir lancer tout le reste». C’est vrai qu’aujourd’hui encore, les chiffres d’affaires restent limités de par l’aspect « one shot » des évènements : mais le projet ne compte pas s’arrêter là, Carrotmob prévoit de développer un concept de longue durée, le « crowdbuying » qui permettrait aux consommateurs de récupérer des coupons sur internet et de débloquer ainsi un chiffres d’affaires plus important. Et Florian Guillaume conclut « A l’avenir, nous souhaiterions lancer un appel à projets ouvert à tous pour pouvoir déployer ces communautés à grande échelle…aujourd’hui, nous fonctionnons sur le modèle associatif avec des bénévoles et nous sommes en train de créer plusieurs entreprises sociales qui permettraient de satisfaire ces nouveaux besoins et de libérer plus de ressources pour toucher plus de commerçants qu’aujourd’hui, …notre modèle économique est en train de se construire».

De toute façon, il suffit d’être un peu imaginatif pour comprendre les opportunités qui se cachent derrière ce beau projet d’économie collaborative… permettre aux petits commerçants et aux grandes entreprises de se développer durablement. A quand des coupons chez EDF pour les inciter à passer aux énergies renouvelables ?…

De nombreux autres concepts émergent en ce sens, la Ruche qui dit Oui, notamment : ce nouveau concept permet de regrouper des consommateurs qui achètent directement auprès de leur producteur de région et permet de contrecarrer ainsi la logique sans fin des chaînes de l’agroalimentaire aux nombreux intermédiaires (supermarché, coopérative, grossiste, demi-grossites), où le consommateur paye globalement cher et le producteur souvent mal payé…La Ruche qui dit Oui permet justement de faire un commerce direct avec le producteur ; le producteur livre à partir d’un certain nombre de kilos à la ruche et les membres de la ruche viennent chercher leurs commandes…au final, c’est bénéfique pour tous : pour la personne qui ouvre une ruche qui acquiert des revenus complémentaires, pour les consommateurs qui bénéficient de produits de qualité à un meilleur prix d’achat et pour le producteur qui retrouve un peu de marge de manœuvre…

Après, ne nous leurrons pas, un vrai chemin reste à parcourir pour éveiller les consciences et pour inciter les consommateurs à devenir « consomm’acteurs »…et dans un contexte de crise et de resserrement budgétaire, c’est loin d’être simple…En attendant, il nous faut lever les freins et trouver les leviers pour déployer ce beau modèle…

Les ingrédients nécessaires au déploiement de ce nouveau modèle, les freins à lever

En tout premier lieu, la transformation numérique des entreprises est essentielle : et sur ce plan, nous sommes encore en retard. De plus, ce modèle s’appuie sur le réseau internet qui est fondamentalement horizontal, or, comme nous l’avons vu, de nombreuses entreprises fonctionnent encore à l’ancienne en vertical : pour réussir le déploiement de ce modèle au sein des grandes entreprises notamment, le chief digital officer doit avoir un rôle stratégique de premier plan.

Il est donc évident que la technologie est prête et que les applications collaboratives existent : mais les barrières culturelles restent fortes…les luttes d’ego sont bels et bien présents d’autant plus dans le contexte actuel qui transfère le pouvoir non pas à celui qui possède l’information mais à celui qui la partage…Cette nouvelle économie implique très clairement une révolution managériale et organisationnelle des entreprises qui doivent adapter leur gouvernance, leur structure et leur façon de fonctionner à ce modèle participatif et collaboratif…

Dans ce contexte de transformation, le rôle des pouvoirs publics est essentiel à plusieurs niveaux : l’Etat doit réguler et accompagner l’émergence de ce modèle, notamment en luttant contre la fracture numérique et en démocratisant l’accès de tous aux nouvelles technologies de l’information et de la communication. Mais l’état doit aussi combler les vides juridiques et fiscaux sur ces nouveaux services proposés par les particuliers…certaines personnes s’interrogent sur ce qu’elles ont droit de faire ou non.

Mais gare aux dérives sociales et sociétales !

Comme tout nouveau modèle émergent, l’homme peut en dévoyer les finalités sociétales, et pourtant on pouvait croire que l’intention de départ était bel et bien intentionnellement bienveillante : créer de la valeur partagée pour tous…

Les scandales sociaux qui ont émergé suite à l’arrivée d’Uber illustrent ces propos, qui se doivent néanmoins d’être nuancés…Uber ayant permis très clairement de sortir des personnes habitant des quartiers difficiles du chômage.

En tout cas, la finalité sociale ne doit pas être oubliée, en externe comme en interne …Employer des salariés dans des conditions inacceptables ne met certainement pas ce modèle à l’honneur. Mais comme ce sont bien les hommes qui modèlent nos sociétés et les projets afférents, certains entrepreneurs sortent du lot…par exemple, Juno propose une offre alternative à celle d’Uber en proposant notamment aux chauffeurs d’entrer au capital de l’entreprise.

Ce modèle a donc certes de beaux jours devant lui mais la richesse sociétale qui en découlera dépendra de deux éléments clefs :

  • de la responsabilité des entrepreneurs et de la communauté des utilisateurs
  • et de l’intelligence de la régulation publique : un cadre est nécessaire, des trous dans la raquette sont à combler, mais gare à ne pas brider ce beau modèle prometteur pour les ressources, les emplois et le lien social !